Estampes : Yslaire

"Le Ciel au-dessus de l’Atomium" - Yslaire
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"Le Ciel au-dessus de l’Atomium" - Yslaire

YSLAIRE DESSINE LE CIEL AU-DESSUS DE L’ATOMIUM

Bruxellois, le créateur du XXe Ciel et du Ciel au-dessus de Bruxelles ne pouvait être qu’interpellé par l’Atomium et sa symbolique. Dans une composition graphique de haut vol, il associe passé et futur, car l’un boite souvent sans l’autre…

Pour Yslaire, l’auteur de Sambre, l’Atomium est le rêve des années ’50. «La science va sauver le monde par le progrès. D'ailleurs, les neuf boules préconisent déjà la conquête spatiale. Par leur forme, elles évoquent autant les planètes du système solaire, que le Spoutnik parti dans la stratosphère un an auparavant. De l'atome à l'univers, l'infiniment petit rejoint l'infiniment grand. C'est magique. » Ce passionné de l’œuvre de E-P Jacobs déclare, en souriant, que « un jour, l'Atomium va partir dans l'espace comme une fusée. Personne ne vous l'a dit, mais c'est un vaisseau spatial deBlake et Mortimer déguisé en monument. »

Yslaire est né en 1957, au moment où l’Atomium était en construction. Il n’y voit pas un hasard. « J'ai l'impression que ce monument m'appartient, qu'il est né en même temps que moi. Que c'est chez moi. Peut-être même que je sors de son ventre d'acier… Fragile, ça ne peut pas tenir debout, huit boules qui reposent sur une seule!), majestueux (on se sent tout petit, quand on passe en dessous) et moderne (rien que ce mot fait déjà vieux). »

Yslaire a choisi de réunir dans cette image les symboles forts de Bruxelles : l'Atomium, Saint Michel et Manneken Pis. « J'ai tout de suite vu le rapport de matière entre l'acier du monument et le métal de l'armure. » Il n’est pas étonnant de découvrir que l’auteur de « XXeciel.com » est autant passionné par la conquête de l'espace que le ciel. « J'aime bien cette idée d'associer un ange avec un gamin nu. Bruxelles est un savant mélange d'aspiration ambitieuse et de vulgarité réconfortante. En tout Bruxellois qui sommeille, il y a un ange combattant ses démons et un petit garçon joufflu qui pisse en souriant. Le spirituel et le
prosaïque …
»

En associant le Spoutnik et les étoiles - clin d’œil à celle qui fut dessinée par Lucien De Roeck pour le logo de l’Expo ’58, c'est un peu l'avenir qui se profile. « Et Saint Michel, patron de Bruxelles, complète l’artiste, évoque le passé moyenâgeux de ma ville natale. La conjugaison des deux donne, j'espère, un « instant d'année », un petit moment d'éternité… »

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