Estampes : Dupuy-Berberian

"Atomium : Bruxelles - 1958" - Dupuy&Berberian
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"Atomium : Bruxelles - 1958" - Dupuy&Berberian

LE PUBLIC DE L’EXPO ’58 MIS EN SCÈNE PAR DUPUY&BERBERIAN

Au départ influencé par la « Nouvelle Ligne Claire Française », Dupuy&Berberian ont depuis longtemps créé un style graphique unique. Amoureux de Bruxelles et des pépites de l’Age d’or de la BD belge, les derniers Grand Prix du Festival d’Angoulême se devaient de porter leur regard moderne sur l’Atomium.

Les auteurs de Monsieur Jean découvrent l’Atomium en 1984, lors de leur première visite à Bruxelles : « De loin, posé sur l'horizon. Une vision poétique saisissante. » Charles Berberian se souvient de la première visite à l’intérieur, alors que les boules étaient encore dans leur jus « anno ‘58 » « La fois où j'ai visité l'Atomium, un type portait un déguisement tout mité de Marsupilami, et, pendant que je faisais la queue pour acheter des billets, il venait poser à côté des visiteurs. Un photographe prenait le tout en photo. Je ne sais pas si c'est parce que je suis dessinateur, mais j'ai trouvé ce Marsupilami pitoyable, et j'ai refusé de poser à côté du bonhomme. » Depuis, une rénovation réussie a redonné une nouvelle jeunesse à l’édifice.

Pour le co-auteur du récent Bienvenue à Boboland , « l’Atomium représente une architecture de science-fiction sorti du passé et censé représenter le futur. La science, à cette époque, allait sauver le monde, et l'Atomium en était le phare. » Si le monument est indéfectiblement rattaché à l’esprit de l’Exposition ’58, il n’est pas seulement le témoin d’une époque. « Il représente une modernité surannée, mais qui reste moderne dans son désir de pureté graphique. On peut tendre vers la pureté, mais on n’y arrive jamais.»

Berberian concède volontiers qu’il n’est pas facile de rendre hommage à l’Atomium. « La part d'interprétation est délicate. J'ai horreur d'utiliser la règle, mais là, il faut quand même. Et je ne parle pas du compas. C'est une horreur, ça m'a rappelé de mauvais souvenirs. Et puis, l'aspect symétrique, c'est un cauchemar. Bref, il faut beaucoup trop de discipline pour dessiner l'Atomium. » En consultant la documentation réunie, le duo artistique constate « que les photos des gens qui se rendent à l'Exposition Universelle de 1958 étaient très inspirantes. » Leur image sera donc dédiée au public, qui fit de l’événement une matière vivante. La mise en couleurs rend hommage aux effets néons, éléments typiquement novateurs des années’50. S’il fallait trouver une musique pour la sérigraphie Bruxelles – 1958, « ce serait celle de Playtime de Tati. »