Estampes : Benoit

"Atomium : 21st Century Atomic Girls" - Ted Benoit
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"Atomium : 21st Century Atomic Girls" - Ted Benoit

AVEC TED BENOIT, L’ATOMIUM SE MUE EN INSTALLATION ARTISTIQUE !

Ted Benoit, un des artisans du retour, moderne, de la « ligne claire », aime composer des images « habitées ». Fort des horizons ouverts par la collection « Atomium 1958-2008 », il a emmené le monument-culte de l’Expo ’58 dans un décor aussi futuriste que fascinant.

Le créateur de Ray Banana découvre l’Atomium, en photo, dès 1958, et le visite enfin en 1982. « C’est une des premières choses que j’ai vues lors de mon premier voyage à Bruxelles. J’ai même acheté deux ou trois souvenirs d'époque, dont un truc à ressort, un petit hélicoptère qui tournait autour d’un Atomium ; l'ensemble se rangeait dans une boîte ronde recouverte de tissu écossais. » Découvrir le monument en vrai modifie la perception. « En effet, cela a été capital de descendre à pied par les tuyaux car, dedans, ça ressemblait plus à Jules Verne qu'à
Spoutnik.
»

Pour le dessinateur de deux Blake et Mortimer de superbe facture, l’Atomium n’est pas indéfectiblement rattaché à l’Expo ’58. « Oui bien sûr, et non parce qu'il a survécu, et pas l'expo. Ce qui lui donne une signification tout à fait différente. L'expo n'était que dans le présent, lui est maintenant aussi dans le passé. Un peu comme le morceau de la Statue de la Liberté émergeant des sables, que découvre Charlton Heston à la fin de La Planète des Singes. » Une scène qui a été un des multiples déclencheurs (avec, entre autres, une photo « anodine » de deux jeunes visiteuses, l’architecture d’un pavillon, et la statuaire présents à l’Expo ’58) de la sérigraphie 21st Century Atomic Girls. Pour l’auteur de Vers la ligne claire, il est assez facile de rendre hommage à l’Atomium « car les rêves et les illusions qu'il symbolisait ont quelque chose de touchant. De plus, étant un objet plein de vide, il fait appel à une notion de l'espace, ce qui est une des choses les plus intéressantes à dessiner. »

On dit toujours qu’une bonne image doit être séduisante, mais aussi raconter une histoire ou dégager une « petite musique ». « Ce n'est pas à moi d’expliquer cela, précise Ted Benoît. Une piste: le titre est une paraphrase d'une vieille chanson de King Crimson21st Century schizoid man. Je ne l'aime pas tant que ça, mais j'ai été très frappé de la reprise d'une autre, du même album, dans le film Les fils de l'homme d’Alfonso Cuaron. Ce que raconte ce film (un des plus passionnants films récents) me semble très juste pour la compréhension des années à venir. L'Atomium est le XXe siècle, nous sommes au XXIe, il nous a aidés à comprendre les temps nouveaux, c'est tout. Pourquoi des petites filles? Aucune idée. C'est la petite musique. »

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