Estampes : Giardino

"L’Atomium et Mr. Hulot" - Vittorio Giardino
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"L’Atomium et Mr. Hulot" - Vittorio Giardino

GIARDINO ILLUSTRE LA RENCONTRE ENTRE DEUX SYMBOLES DES ANNÉES ‘50

La « ligne claire » est internationale, et Vittorio Giardino le prouve, avec intelligence, avec chacun de ses albums. L’auteur italien est venu à de multiples repris à Bruxelles, ville qu’il apprécie particulièrement. Surprise, il place l’Atomium dans un quartier populaire !

Ingénieur électronique de formation, Vittorio Giardino abandonne son premier métier pour se consacrer à la bande dessinée. Un peu à l’image d’E-P Jacobs, le
« Grand Ancien » qui lui est sans doute le plus proche, graphiquement. Il découvre l’Atomium lorsque, adulte, il se rend pour la première fois à Bruxelles. Savoir si le monument est plus proche de l’école de Bruxelles ou de Marcinelle le laisse perplexe. « En 1958, j’étais enfant et, à cette époque, pour moi, la Belgique était le pays ou beaucoup d’Italiens émigraient pour aller travailler dans les mines. Dans mes souvenirs d’enfance, « Marcinelle » n’est pas le nom d’une « école », mais d’une tragédie dans laquelle des dizaines de mineurs sont morts. »

Pour le créateur de Max Fridman, l’Atomium reste une construction bizarre qui montre combien la frontière entre le sublime et le kitch peut être subtile. « La célébration monumentale de la science atomique se projette alors dans le futur. Pourtant, Hiroshima et Nagasaki ne sont pas loin. C’était une époque en laquelle la confiance en un futur lumineux, porté par le progrès technologique, était plus développée. La guerre était finie depuis peu, et on vivait une saison d’enthousiasme pour la renaissance. » Giardino se souvient de sa première visite : « Quand on le voit de ses propres yeux, ce sont les dimensions énormes qui frappent. La question qui m’est venue spontanément à l’esprit fut : « Pourquoi a-t-il été conçu aussi grand que ça ? ». Je ne connais pas la réponse. »

L’auteur de Jonas Fink concède que l’idée de la sérigraphie L’Atomium et Mr. Hulot s’est imposée rapidement. « Comme tous les symboles, l’Atomium offre de multiples possibilités, si on veut lui rendre hommage. » Giardino pense presque immédiatement à l’étonnement qui serait celui de gens normaux qui verraient surgir à l’horizon un bâtiment si différent des autres, dont le but était absolument mystérieux. « Si l’Atomium avait été construit dans un quartier populaire de Bruxelles, Monsieur Hulot aurait pu y passer avec son Solex. Il se serait certainement arrêté, étonné à la vue d’un tel monument. Tout son monde, certes modeste mais confortable, ne lui aurait plus semblé en accord avec ce futur « moderne ».Il se serait peut-être senti comme un survivant du passé, une espèce en train de disparaître. » Pourtant, la musique de Playtime serait sans doute une bande sonore idéale pour les « années Atomium »…

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