Estampes : Juillard

"Atomium : Paris-Bruxelles, Bruxelles-Paris" - André Juillard
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"Atomium : Paris-Bruxelles, Bruxelles-Paris" - André Juillard

ANDRÉ JUILLARD OU L’ATOMIUM EN SONGE

Le maître de la « ligne claire » réaliste se devait d’être présent dans la collection « Atomium 1958-2008 ». Souvenirs et songes seront son chemin pour établir un lien entre la Tour Eiffel et l’Atomium, mais aussi entre Paris, Bruxelles et New York, ses trois villes favorites.


Le jeune André a visité l’expo avec son école en juin 1958, mais avoue n’en conserver aucun souvenir. « En fait, j’ai découvert l’Atomium, il y a peu, en dessinant « Les sarcophages du 6e continent » sur l’imposante documentation transmise par mon scénariste Yves Sente. » Pour le dessinateur des « 7 vies de l’Epervier », l’Atomium partage un point commun avec la tour Eiffel : il ne sert à rien. « Ce n’est pas de l’architecture fonctionnelle, c’est de l’architecture symbolique du pouvoir de l’homme à défier les lois de l’attraction et de sa foi en la science. La Tour Eiffel a gardé son air XIXe siècle, l’Atomium, lui, reste plus intemporel, pour le moment… »

L’auteur du « Cahier bleu » avoue ne pas avoir cherché à rendre hommage au « style atome » dont il estime être assez éloigné. « Même si je suis moi-même nostalgique d’une époque que j’ai vécue sans y faire attention, comme un enfant, mais la lecture passionnée du journal « Spirou » a laissé des traces indélébiles. » A l’entendre, le « style atome » pourrait être une invention tardive d’auteurs nostalgiques de l’Ecole de Marcinelle (Jijé, Franquin, Will, Tillieux…) et des années ‘50. « Franquin était le meilleur représentant de cette époque, tant il a dessiné son temps avec une verve incroyable. Sans le génie de Franquin, y aurait-il eu un « Style Atome » ? »

Le dessinateur de « Plume aux vents » a donc réalisé une image d’ambiance correspondant plus à sa manière de traiter un sujet : le moins frontalement possible. « Tout en essayant de suggérer une histoire par petites touches (la tour Eiffel, la nuit, la femme endormie, la femme et le petit garçon devant l’Atomium figurés comme une photo). Tout cela est très signifiant pour moi, mais je n’ai pas forcément envie de m’en expliquer. C’est au spectateur de se raconter sa petite histoire ou de reconstituer la mienne si le cœur lui en dit. »

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