Estampes : Loustal

"Atomium - Le pavillon du Congo" - Loustal
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"Atomium - Le pavillon du Congo" - Loustal

LOUSTAL INVITE LE CONGO AU PIED DE L‘ATOMIUM

Jacques de Loustal, le dessinateur-voyageur, sait que l’exotisme se niche au coin de chacune de nos rues. Si les décors tropicaux l’attirent, il n’a jamais délaissé les paysages du Nord. C’est donc avec plaisir qu’il a baladé son regard graphique au cœur de l’Expo ’58, pour retrouver la Belgique congolaise.

Loustal avait deux ans au moment de l’inauguration de l’Exposition universelle de Bruxelles. Il se souvient d’avoir découvert les formes atypiques de l’Atomium « dans une bande dessinée, je ne sais plus laquelle. » Depuis, il l’a visité et, alors qu’il remplit ses carnets de nombreux croquis lors de ses voyages aux quatre coins du monde, les formes du monument le laissent perplexe : « Il vaut mieux le dessiner d’après photo que sur le motif. »

Parisien, le dessinateur de « Cœurs de sable » voit dans l’Atomium « un symbole de Bruxelles, une idée de la modernité à la capitale belge par rapport à Paris. » Pour lui, la ligne claire d’Hergé correspond peu à l’esprit du monument. « Franquin et l’école de Marcinelle lui sont indubitablement liés, et un peu Jacobs. Pour moi, l’Atomium s’inscrit dans une ambiance de futurisme rétro. » D’aucuns auraient pu croire que Loustal serait en décalage avec les liaisons graphiques auxquelles est souvent relié l’Atomium. Le « Dictionnaire mondial de la bande dessinée » (Larousse - 1999) ne précise-t-il pas que « ses inspirations ne se situent pas du côté de la bande dessinée mais se réfèrent plus à la peinture (Fauvisme, David Hockney, etc.) et au cinéma (Wim Wenders) » ? Ce serait oublier que le but de la collection « Atomium 1958-2008 » est justement d’ouvrir de nouvelles portes ; d’échapper aux images attendues.

« Le bâtiment, confie l’auteur de « Kid Congo », a une telle identité qu’il est facile de l’évoquer. Même si son côté extraterrestre, son étrangeté par rapport à son environnement provoquent parfois des difficultés de mise en perspective. » Loustal opte pour un choc des civilisations, en restituant une partie du pavillon du Congo et du Ruanda-Urundi, alors colonies belges. « Le contraste entre le village qui côtoie la science-fiction m’intéressait. Et comme je ne suis pas totalement sensible à l’art africain qui était montré dans ce pavillon, j’y ai convié des fétiches et des « colons » qui me sont plus proches. » Des visiteurs très particuliers qui rappellent ceux d’« Une party chez l’Arumbaya », une estampe éditée, en 1990, par Champaka.

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