Estampes : Götting

"Jeu de regards sous l’Atomium" - Götting
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"Jeu de regards sous l’Atomium" - Götting

GÖTTING : JEU DE REGARDS SOUS L’ATOMIUM

Jean-Claude Götting, traqueur de lumières au cœur des matières noires, aime les défis. D’abord étonné d’être convié à un hommage supposé être réservé aux princes de la « ligne claire », il a imaginé de propulser les sentiments amoureux au pied du géant métallique. Le triomphe de la vie…


Götting a une dizaine d’années lorsqu’il découvre l’Atomium grâce à un copain bruxellois avec qui il passait ses vacances d’été en Espagne. « Cette année-là, sur la route pour voir mes grands-parents en Allemagne, nous avions décidé de lui rendre visite et de faire un détour par Bruxelles. Lui et sa famille nous firent découvrir la ville, et je me souviens qu'ils nous avaient montré, mais de loin, ce truc métallique et incongru. Je n’avais pas pu évaluer sa taille et difficilement conçu qu'on puisse se tenir debout dedans. » L’auteur de « La malle Sanderson » reste alors dubitatif quant à la signification de cet édifice mais, après tout, se dit-il, la tour Eiffel non plus, ne servait à rien.

Il est maintenant conscient qu’il s’agit d’un symbole des défis techniques. « Il est assez raccord avec son époque. Celle du Spoutnik, Explorer 1 et autres architectures alliant métal et verre. Je pense que sa conception et son design sont suffisamment forts pour rester modernes encore quelque temps. Mais il n'est pas intemporel. » Pour l’auteur de « Happy Living », Atomium et bande dessinée sont indissociables. « Franquin me semble le plus représentatif, notamment parce qu'il a toujours montré le design de son époque. Je me souviens de la collection « Atomium ‘58 » de Magic Strip. Serge Clerc, Chaland et Dupuy/Berberian avaient à l’époque le même amour du trait de pinceau parfait. Une sorte de « post-modernisme » porté à son comble. J'ai vaguement été tenté par ce style. »

Pour Götting, l’Atomium a une puissance graphique qui rend les choses assez simples. Pas forcement évident à dessiner, mais très photogénique. L’idée est-elle apparue facilement ? « Oui et non. J'avais déjà cette idée de ne représenter qu'une petite partie de l'édifice, mais en faisant en sorte qu'on imagine bien le reste.
J'avais aussi l'idée de contourner l'obstacle en représentant des ingénieurs dans la soufflerie lors des premiers tests sur maquette de l'Atomium. Malheureusement, l'aspect général se rapprochait beaucoup de ce que Floc'h avait dessiné de son côté.
Je suis donc revenu à mon idée du début, en introduisant deux personnages au premier plan, dont le jeu des regards fait écho aux lignes qui relient les boules. Avec un troisième personnage qu'on imagine hors champ, comme une partie des sphères l'est. »

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