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"Atomium - Hommage à André Waterkeyn" - Floc'h
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"Atomium - Hommage à André Waterkeyn" - Floc'h

FLOC’H DÉVOILE LA MAQUETTE DE L’ATOMIUM

L'auteur de "Blitz" aime retrouver l’origine des choses. Dessiner l’Atomium achevé le tentait peu. Il rend donc hommage à l’homme qui imagina le monument devenu symbole de la Belgique. A cette échelle, l’Atomium, futur géant de l’imaginaire, est encore dominé par son créateur, André Waterkeyn.


« Je suis né en 1953, et l'Atomium fait donc partie de mon paysage d'enfance, mais je n'ai pas eu l'occasion de le voir en étant jeune et, aujourd'hui, c'est trop tard étant, avec l'âge, claustrophobe et agoraphobe ! », précise-t-il en souriant. L’auteur de « La trilogie anglaise » (avec Rivière) compare l’Atomium a deux autres « géants » : « La tour Eiffel est pour moi le monument le plus ancien des monuments modernes et les pyramides de Gizeh sont les monuments anciens les plus modernes. L'Atomium est assez bien placé dans mon échelle des monuments modernes, dont l'intention première a gardé toute sa fraîcheur. »

« Si la qualité d'un projet se juge à sa capacité de créer une nostalgie, estime-t-il, l'Atomium est une réussite, et le fait qu'il demeure à Bruxelles ajoute à cette réussite, je ne l'imagine pas en France. »
Admirateur de « Spirou et Fantasio », Floc’h s’étonne que Franquin soit devenu l’auteur le plus lié à l’Atomium. « C'est plutôt curieux, car il serait plus légitime qu'un dessinateur réaliste le soit. Jacobs autrefois, Schuiten aujourd'hui. Donc, il est « école de Marcinelle » alors qu'il devrait être « école de Bruxelles ». »

Pour son hommage, Floc’h évitera pourtant toute référence nostalgique à la bande dessinée. L’auteur de « Ma vie » admire l’homme qui engendra l’Atomium. « Le projet de Waterkeyn était aussi audacieux en 1958 que le serait celui d'un architecte voulant représenter aujourd'hui ... le virus du sida ! ». Il a choisi de transmettre l’émotion de la main tendue du créateur de l'Atomium présentant sa maquette. »

Floc’h fait siennes les leçons des maîtres du passé, que celui-ci soit proche ou lointain. Il applique ici la logique de plans tranchés de René Gruau (1909-2004), l’illustrateur qui officia pour Dior, « Haarper’s Bazaar » ou « Vogue ». « Ses images, avec un premier plan d'homme en ombre chinoise ou en costume noir, mettant la femme dans la lumière m'ont toujours plu. Waterkeyn et sa maquette remplacent la femme. » Quant au peintre hollandais Franz Hals (1582-1666), à côté de ses portraits, il réalisait des vues de groupes mettant en scène les autorités de sa ville d'Haarlem (la ville où vit actuellement Joost Swarte, autre artiste présent au sein de cette « Saison 1 »). « Toujours avec une masse noire dominante qui mettait en relief les expressions des visages. Voilà pourquoi je dis qu'ils étaient mes compagnons de route. »

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