FRANCOIS AVRIL VISITE LA FONDATION ATOMIUM
François Avril est (avec Dupuy/Berberian et Petit-Roulet) le créateur de la « Ligne frêle ». Illustrateur émérite de la Ville lumière, il est amoureux depuis toujours du Bruxelles qu’Yves Chaland lui a fait découvrir début des années ’80. L’esprit Atomium lui trotte en tête depuis lors.
François Avril découvre le monument emblématique de la Belgique avec la collection « Atomium ‘58 » des frères Pasamonik. Le logo de cette exquise collection est dessiné par Evermeulen et représente un des souvenirs légendaires de l’Exposition Universelle de Bruxelles : un hélicoptère tournant autour des 8 boules. « Je voulais, comme Chaland, Serge Clerc, Torres, m’inscrire dans cette petite, mais prestigieuse collection éditée par Magic Strip. » Ce sera chose faite avec « Doppelgänger-SA » paru en janvier 1986. Il se souvient du moment où il visite la « chose » : « Déjà beau en photo, l’Atomium était, comme la tour Eiffel, magnifique et imposant en réalité ! »
Avril adhère tout de suite à l’esprit que dégage l’Atomium et l’ambiance de l’époque qui l’a vu naître. « Je me meublais « Style Atome » avec des plafonniers Spoutnik, des tables basses en forme de palette, des fauteuils Tecno, des lampes Pierre Guariche, de la tôle perforée, des articulations en tuyaux de douche… » Un style toujours vivant, si l’on en juge avec les rééditions de « Jean Prouvé », « Serge Mouille », « Isamu Noguchi », « Charles Eames » et les autres. « Des classiques ! », insiste le pétillant François.
Pour Avril, l’Atomium « est toujours actuel, toujours moderne, indémodable, c’est la représentation d’une molécule de fer… ça ne changera pas avant longtemps. » L’artiste aime reconstruire la réalité, mélanger des morceaux de villes. Dans un premier temps, il pense démantibuler la structure en l’imaginant tel un vaisseau futuriste menaçant une villa digne des « Pirates du silence », l’album de « Spirou et Fantasio » qu’il estime être le plus en phase avec l’ « esprit atome ». « Une évidence s’est alors imposée… Il s’agit d’une structure rigoureuse. Soit on la respecte, soit on l’interprète respectueusement. » Pour le dessinateur de « Soirs de Paris », il évoque le futur des années ’50, la modernité et, surtout, le Modern Art. « J’ai posé l’Atomium comme un stabile de Calder dans le jardin d’une Fondation cousine de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence. C’est ma façon de l’associer à l’art moderne, comme on contemple un jardin japonais. »