L’Autrichien Frank Stern et la Française Fabienne Rouge d’Yeu sont au centre d’un « XXe Ciel » qui marque un tournant dans la carrière d’Yslaire. Il accepte désormais de faire de la bande dessinée par plaisir. « Il m’a fallu presque 25 ans. Avant, c’était du plaisir volé », confie-t-il dans « La légende des Sambre ». Lors du lancement de « Sambre », il aurait sans doute fait sienne la belle et terrible phrase que Paul Cuvelier, l’auteur de « Corentin », prononça à la fin de sa vie : « J’ai souffert l’enfer d’avoir entrouvert la porte du paradis. » « A son époque, se souvient Yslaire, Cuvelier était considéré comme un génie mais il a souffert toute sa vie de ne pas pouvoir atteindre la perfection. J’ai, moi aussi, été perfectionniste à l’excès. Jusqu’à ce que je me dise : ma création doit-elle être souffrance, doit-elle être romantique ? Doit-elle être Sambre? Ras-le-bol. J’ai aussi envie de me faire plaisir. J’ai voulu faire quelque chose qui soit plus proche de moi, alors qu’une partie de ma souffrance venait de cette volonté de ressembler à ce qui se faisait en bande dessinée. »