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"Atomium: Expositions universelles" - François Schuiten
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"Atomium: Expositions universelles" - François Schuiten

FRANCOIS SCHUITEN OU L’ODE AUX EXPOSITIONS UNIVERSELLES

François Schuiten connaît au mieux l’étrange mécanique des expositions universelles. Il a conçu le Pavillon du Grand-duché de Luxembourg à Séville 1992, le Pavillon des Utopies pour Hanovre 2000 et le Pavillon de la Belgique pour Aichi 2005. Mais, pour lui, l’Atomium reste un cas à part !

La première émotion « Expo ‘58 » du co-auteur des Cités obscures avait la forme d’une petite cuillère à sucre se terminant par un Atomium. « Sans doute mes parents l’avaient-ils achetée en visitant l’expo ? Un autre moment est lié à la Flèche du Génie civil. Jacques Moeschal, le sculpteur qui l’avait conçue, était un ami de mon père et, quand j’allais dans son atelier, je voyais des maquettes de cette réalisation qui me fascinait. J’avais deux ans quand l’Expo ’58 a eu lieu et, ce n’est qu’après, en relisant les hebdomadaires « Spirou » et « Tintin » de mon frère, que j’ai retraversé la période de construction de l’Atomium. Les deux hebdos accompagnaient à merveille l’euphorie de cette exposition. »

Début des années ’80, « La nouvelle ligne claire » (avec Swarte, Chaland, Floc’h, Ted Benoit, etc.) revisite un style créé dans les années ’50, en Belgique. « J’étais étonné que ces gens venus d’ailleurs s’intéressent à quelque chose qui venait de chez moi. Nous étions tellement habitués que nous n’avions pas la même curiosité par rapport à cela. Leur regard nous apprenait à regarder autrement notre histoire. Cela m’a troublé de constater que nous, Belges, n’étions peut-être pas toujours les plus habilités à nous regarder. »

Pour le dessinateur-scénographe, « l’Expo ’58 est sans doute la dernière qui incarne ce que pouvaient être les enjeux, l’utopie et les ambitions que ces manifestations voulaient incarner. Une exposition universelle est une façon de réunir le monde entier dans le même endroit, de concentrer toutes les cultures du monde. Cet aspect des choses va se perdre, puisque les voyages vont se démocratiser. Les avions, la télévision et Internet vont mettre les expositions en porte-à-faux. »

C’est aussi une exposition qui est parvenue à créer un signe fort : l’Atomium.
« Beaucoup d’expos n’ont pas eu cette chance. Ce n’est pas si évident, de construire un signe. On arrive parfois à faire coïncider les enjeux de l’époque avec une forme.» La sérigraphie Expositions universelles confronte l’Atomium aux signes de quelques autres grandes expositions universelles. Schuiten rend également hommage au sigle-étoile de Lucien De Roeck. « Il m’a aidé sur la typo de La fièvre d’Urbicande.C’était un remarquable dessinateur de lettres. » L’artiste concède que, si la tentation est grande de s’attaquer graphiquement à l’Atomium, « c’est très compliqué de se confronter à une icône qui a déjà été prise dans tous les sens. »