«J'aime dessiner des animaux», déclare Loustal. Lézards peuplent les murs de ses cases africaines. L'incroyable « chien-cochon-hyène » jaune est devenu une marque de fabrique. Avec « Bestiaire»,un portfolio comportant 7 planches sérigraphiées, Loustal explore un thème qui lui est cher. Humour, tendresse, fantastique et, surtout, plaisir graphique sont au rendez-vous!
Quel est le rôle des animaux dans l'univers loustalien ?
Loustal : Les animaux me permettent de me dégager du réalisme des histoires. Je les dessine sans lois esthétiques précises. Cela flirte parfois avec le grotesque. J'adore me promener dans les jardins zoologiques. Pour le portfolio « Bestiaire », il aurait été peu intéressant de représenter des animaux à la manière des planches de sciences naturelles. J'ai mis des animaux domestiques en scène. La confrontation entre l'être humain et l'animal m'a toujours intéressé.
La sérigraphie s'imposait-elle pour «Bestiaire» ?
Loustal : Chaque image devait être stylisée dans sa construction et dans la forme des animaux et des personnages. La sérigraphie interdit tout modelé, tout effet d'aquarelle. Bref, toutes les choses que je suis habituellement amené à faire et qui donnent forcément quelque chose de réaliste. Avec la sérigraphie, je suis amené à adopter un parti pris différent: trait bien noir, couleurs franches ...
Désormais, vous travaillez plusieurs jours avec le sérigraphe pour faire des couleurs ...
Loustal : J'ai souvent été déçu par l'interprétation de mes couleurs par les sérigraphes. La séparation entre les zones de couleurs manquait de souplesse. La découpe des films au cutter ou la « traduction » du trait par une main étrangère l'expliquent. Maintenant, c’est un vrai plaisir de poser moi-même les couleurs sur les films. Ainsi, la même impulsion est présente derrière le trait du dessin et les formes des couleurs. Je considère désormais la sérigraphie comme une création et non plus seulement comme un moyen de reproduction. Là est désormais l'intérêt et le plaisir de faire une sérigraphie.