Fin '92, « Une trilogie anglaise » a connu un beau succès. En bande dessinée, Floc'h a fait la jonction entre Hergé (clarté et modernité), Hitchcock (solidité narrative) et Noel Coward (sophistication des mœurs). Mais, comme Hergé, Floc'h est depuis toujours fasciné par la peinture moderne. Depuis 4 ans, il s'investit avec succès dans ce domaine. L'estampe « Y.K. » est une passerelle entre ses deux passions.
En parallèle avec son nouvel album, Floc'h prépare une quatrième exposition de peinture. Le dépouillement du trait et de la couleur le captive. « Y.K. » est un hommage à Yves Klein, le dernier mythe de l'art moderne. Le maître du nouveau réalisme optait pour des toiles monochromes. Pour ses anthropométries, Klein enduisait ses modèles féminins de peinture bleue. Devenues pinceaux vivants, elles déposaient leurs empreintes sur la toile. Grand manieur de concepts, Floc'h réalisa, pour sa première exposition, un « portrait bleu » d'Yves Klein. Comme Jean-Paul Belmondo dans « Pierrot le fou » (Jean-Luc Godard), il enduit de couleur le visage de son personnage. Cette toile est une passerelle entre les deux facettes de Floc'h: le dessinateur et le peintre. Le trait noir reste son fil d'acrobate. Derrière la froideur apparente, Floc'h place toujours l'émotion. Fasciné par le regard étrange de Klein, Champaka réalise un tirage limité (30 exemplaires) de « Y.K. » !